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UN AUTRE MONDE : L'ANALYSE DE DANIEL

UN AUTRE MONDE : L'ANALYSE DE DANIEL


MON FILS, MA BATAILLE : A la base, il y a bien sûr l'histoire du film "Kramer contre Kramer". On m'a demandé d'écrire un texte en rapport avec ce film. Le travail terminé, je n'étais pas satisfait et surtout j'étais très complexé à l'idée d'avoir utilisé une arme démagogique. J'ai eu peur qu'on ne comprenne pas vraiment ma démarche. A la suite de cela, j'ai testé cette chanson auprès de gens bien différents et tout le monde l'a trouvée formidable. Mais c'est vrai, je n'aime pas tellement me servir des choses qui touchent de trop près à la vie.

10 000 METRES : Là, c'est d'après un projet beaucoup plus ancien : j'avais envie de faire réaliser un album avec chaque page d'un journal. Entre parenthèses, j'espère qu'on ne me piquera pas l'idée. Donc, c'st une personne qui raconte un article. Dans "10 000 mètres", c'est un gars qui commente la course de la veille. C'est aussi sur la solitude du coureur de fond.

BATEAU TOUJOURS : Comme j'ai fait des choeurs dans le disque de Michel Berger, je tenais à ce qu'il apporte quelque chose dans le mien. Donc au début, il était question que Michel joue du piano. Le problème n'était pas évident : je voulais que ça se sache et que ça soit présent. Alors, j'ai essayé de trouver une chanson qui corresponde à ça et qui soit simple. Michel et moi avons fait les arrangements à deux. J'ai réussi à convaincre Michel qu'il réalise cette chanson comme si c'était pour lui.

LIPSTICK POLYCHROME : Dans cette chanson, la musique prédomine. C'est Colin Swinburne, le guitariste de mon groupe qui assure le chorus de guitare. Il y a d'ailleurs dans cette chanson des instruments dont on se sert rarement, comme le trombone. Lorsque je l'écoute, c'est comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre. C'est un moment de musique, un bol d'air. Une chanson de groupe.

JE NE SUIS PAS UN HEROS : Cette chanson a une histoire que beaucoup connaisse puisque c'est un titre que j'avais écrit pour Hallyday. D'ailleurs, Johnny m'avait dit : "Pourquoi tu ne la chantes pas ?" A l'époque, je n'y pensais pas du tout. Donc, Johnny l'a enregistré mais, sans le mettre en cause, ce n'est pas devenu ce que je souhaitais. Je pensais vraiment que ce serait la chanson numéro un d'Hallyday cette année car personne n'avait jamais fait ça avec lui avant. Ce que j'aurais aimé, c'est réaliser la chanson avec Johnny, faire les claviers. Enfin, j'esre que ce n'est pas terminé et qu'on retravaillera ensemble. C'est pour cela que j'ai chanté cette chanson un peu comme j'aurais aimé que Johnny la chante. Je lui dédie d'ailleurs cette chanson.

DETOURNEMENT : C'est mon morceau préféré. Cette première chanson de la face B est pour ainsi dire le commencement de ce que je veux faire musicalement. Cet album est une progression musicale. Sur la face A, on trouve des chansons plus près de ce que j'ai fait auparavant, alors que la face B dégénère complètement. Ca ressemble à une musique de groupe. Ce que je veux imposer, c'est la communion parfaite entre mes musiciens et moi. "Détournement" est l'expression de tout ce que j'ai envie de dire en ce moment.

LA VIE NE M'APPREND RIEN : Cette chanson est l'explication de la précédente. C'est un peu difficile d'en parler. J'essaie de raconter pourquoi un mec détourne un avion. Il y a certaines mises au point.

ALLEZ HOP : C'est un peu un gag. Mon frère en est le parolier. Il a pensé écrire un texte avec toutes les phrases établies qui définissent la virilité. Cette chanson veut un peu dire : on n'aime pas les femems tes qui veulent que les mecs soient supermen et il y a des mecs que ça ennuie profondément et moi, j'en suis un, voilà.

MORT D'UN ROBOT : C'est Patrick Dulphy, mon guitariste, qui a écrit le texte, à partir d'une de mes idées : un robot qui parle, qui a des sentiments et comme il n'est qu'une machine, lorsqu'il tombe en panne, on le jette. Un parallèle à ce qui arrive à un homme lorsqu'il tombe amoureux et que la fille l'abandonne. C'est ce qui arrive également aux chanteurs un jour. Ils sont géniaux, le public les adore et quelque temps plus tard on les oublie, on passe à un autre.

UN AUTRE MONDE : Donner une certaien suprématie à la musique instrumentale me tente beaucoup. Ce titre annonce un peu la couleur. J'en ferai d'ailelurs de plus en plus, sur scène. Dès l'Olympia, au mois de mars, je ferai des morceaux instrumentaux. Les musiciens vont beaucoup intervenir dans mes spectacles cette année. Mon spectacle sera plus dur musicalement. (SALUT ! décembre 1980)


Source : L'INOUBLIABLE n°12
# Posté le mardi 08 août 2006 10:48
Modifié le samedi 19 juillet 2008 12:16

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